Séminaire 2022-2023
(org. C. Alunni, M. Béjean, M. González, G. Laplante-Anfossi, F. Nicolas)
Programme
| 1° octobre 2022 | François-Bernard Mâche | |
| 5 novembre 2022 | Alexis Jacquemin | François Nicolas |
| 3 décembre 2022 | Bruno Moysan | Éric Brunier |
| 7 janvier 2023 | Frédéric Patras | Anne-Françoise Schmid |
| 4 février 2023 | Loïc Merel | Guillaume Laplante-Anfossi et Alain-Patrick Olivier |
| 4 mars 2023 | Jean-Jacques Szczeciniarz | Mirna Dzamonja |
| 1° avril 2023 | Frédéric Barbaresco | |
| 6 mai 2023 | Benoît Timmermans | Discussion générale sur les perspectives 2023-2024 du séminaire |
Problématique
1° octobre 2022
[ F.-B. Mâche ]
François-Bernard Mâche : La musique : comment, pourquoi ?
5 novembre 2022
[ A. Jacquemin ]
Alexis Jacquemin : Perspectives du théâtre romantique
TEXTE de l’exposé (pdf)
[ F. Nicolas ]
François Nicolas : Le « romantisme révolutionnaire » d’Henri Lefebvre à la lumière de la mathématique différentielle et intégrale
Présentation de l’exposé (pdf)
Texte de l’exposé
3 décembre 2022
[ F. Nicolas ]
François Nicolas – Introduction : les enjeux du séminaire sur le romantisme
[ B. Moysan ]
Bruno Moysan : Actualité du romantisme lisztien ?
[ É. Brunier ]
Éric Brunier : Delacroix, Baudelaire, la chimère fauve
DIAPOS de l’exposé (pdf)
7 janvier 2023
[ F. Patras ]
Frédéric Patras : Classicisme et romantisme
[ A.-F. Schmid ]
Anne-Françoise Schmid : L’obscur cogito de l’écrivant-compositeur
TEXTE de l’exposé (pdf)
Proposition
| Orientation classique | Orientation romantique | Romantisme musical | Modernité mathématique (1) |
| Réalisme des effectivités | Imaginaire des possibles | Fantaisies | Analyse complexe (2) |
| Conscience constituante et unifiante | Inconscient constituant d’affects divisés | Nachtstücke | Groupes de Galois (3) |
| Un-Tout | Fragments | Albums | Géométrie locale riemannienne (4) |
| Équilibre symétrique | Dynamique dialectique | Fins ouvertes irrésolues | Calcul différentiel et intégral (5) |
- (1) Les raisonances s’établissent moyennant les interprétations extra-mathématiques qui suivent :
- (2) et sa dialectique de l’effectif (nombres réels) et du possible (grandeurs imaginaires) ;
- (3) d’où l’inconscient mathématique structuré comme un groupe (groupe discret de Galois pour l’inconscient algébrique et groupe continu de Lie pour l’inconscient topologique) ;
- (4) et sa dialectique des cartes locales et de l’atlas global ;
- (5) ici, la différentialisation et l’intégration d’une position subjective viennent correspondre à sa subjectivation et à son procès subjectif.
4 février 2023
Séance dédiée à la mémoire de William Lawvere, mort le 23 janvier 2023
[ L. Merel ]
Loïc Merel : La théorie des nombres comme “projet romantique” ?
[ G. Laplante-Anfossi ]
Guillaume Laplante-Anfossi : La dialectique au cœur de la géométrie différentielle synthétique
TEXTE de l’exposé (pdf)
[ A.-P. Olivier ]
Alain-Patrick Olivier : Beethoven-Hegel-Adorno – dialectique et libre improvisation
TEXTE de l’exposé (pdf)
4 mars 2023
[ J.-J. Szczeciniarz ]
Jean-Jacques Szczeciniarz : En quel sens peut-on dire qu’Abel est un romantique ?
[ M. Dzamonja ]
Mirna Dzamonja : Un retour à l’infini potentiel
TEXTE de l’exposé (pdf)
1° avril 2023
[ F. Barbaresco ]
Frédéric Barbaresco : « L’esthétique des structures de feuilletage symplectique du mouvement et de la chaleur » ou le romantisme fulgurant de(s) Souriau
DIAPOS de l’exposé (pdf)
6 mai 2023
[ B. Timmermans ]
Benoît Timmermans – Questions de forme et de musique chez Andreas Speiser : entre romantisme et classicisme
TEXTE de l’exposé (pdf)
Discussion
Discussion générale sur les perspectives 2023-2024 du séminaire mamuphi
L’année prochaine verra la vingtième saison du séminaire mamuphi. Nous voudrions donc, avec tous les participants qui le souhaitent, discuter les propositions qui suivent.
La singularité du séminaire mamuphi (dans le paysage des nombreux séminaires traitant de manière plus ou moins simultanée de mathématiques, de musique et/ou de philosophie) s’attache à la coexistence de deux désirs : un désir de mathématiques (plus précisément de penser avec les mathématiques) chez des non-mathématiciens (plus spécifiquement des musiciens), et un désir d’intellectualité (plus ou moins étendu aux champs littéraires et artistiques) chez des mathématiciens. Dans notre séminaire, ces deux désirs dialoguent en mobilisant, peu ou prou, quelque disposition philosophique apte à ombrer les échos des notions intellectuelles en partage. D’où le projet, diagonal à la division disciplinaire des savoirs universitaires, d’un séminaire circulant entre trois pensées : mathématiques-musique-philosophie.
Lors de cette vingtième saison 2023-2024, nous voudrions embrasser les différentes mises en œuvre de ces deux désirs et de leur fécond colloque à l’ombre de la philosophie, en diversifiant nos pratiques selon trois composantes, aptes à composer un petit laboratoire mamuphi.
- Un atelier consacré à des exposés de mathématiques (modernes et contemporaines) donnés par quelques « mathématiciens aux pieds nus » (issus des participants au séminaire qui ne sont pas des mathématiciens professionnels) entendus au sens où les paysans chinois des Communes populaires parlaient de « médecins aux pieds nus » pour désigner ceux d’entre eux qui, après formation resserrée, allaient assurer dans les campagnes une médecine de base au service de tous. Au contraire des conseils dispensés pour les leçons d’agrégation [1], ces « auto-leçons » prendront le risque d’intervenir aux limites mêmes de nouvelles compétences tout juste acquises et oseront s’approprier en temps réel les notions et théorèmes d’une théorie mathématique dont on pressent 1a fécondité intellectuelle par-delà son strict domaine mathématique de constitution et de déploiement, fécondité qu’à ses risques et périls l’intervenant mettra à l’épreuve de quelque interprétation extra-mathématique hétérogène et de quelque modèle intellectuel inattendu pour la théorie mathématique concernée. En quelque sorte, il s’agira de disposer cet atelier sous le signe d’un rapport émancipé (i.e. « se prenant par la main ») aux mathématiques : cette émancipation intellectuelle jadis prônée par Joseph Jacotot [2] en répercussion d’une Révolution française ayant mis à l’ordre du jour « l’égalité des intelligences ».
- Notre séminaire plus proprement dit où d’un côté des mathématiciens professionnels viennent exposer telle ou telle raisonance intellectuelle de leur propre recherche mathématique, et d’un autre côté des musiciens et des philosophes viennent exposer tel ou tel retentissement [3] intellectuel de leur propre recherche artistique ou philosophique.
- Enfin des rencontres avec ceux qui mettent autrement en œuvre leur propre désir de mathématiques pour quiconque et pour tous : par publications, revues, cafés, interventions de tous ordres… On n’est en effet jamais de trop pour consolider aujourd’hui nos désirs affirmatifs face au déferlement contemporain d’un nihilisme qui s’acharne à les déconstruire pour ne laisser place qu’aux négations liquidatrices.
[1] Voir ceux de Marcel Berger tels que rapportés dans le beau livre de Jean-Michel Salanskis Vivre avec les mathématiques : « veiller à ne pas atteindre son niveau d’incompétence et à n’exposer des contenus de niveau n que si l’on a des connaissances jusqu’au niveau n+1 ou même n+2 ; éviter de parler à la limite de son savoir ; ne pas traiter de notions ou théorèmes que l’on vient tout juste de comprendre. » (p. 67).
[2] « Tout homme peut tout apprendre sans maître explicateur ». Pour une présentation générale de l’émancipation intellectuelle selon Jacotot, voir Le maître ignorant de Jacques Rancière.
[3] Voir chez Bachelard (Poétique de l’espace) la dialectique des résonances (qui se dispensent horizontalement) et des retentissements (qui s’approfondissent verticalement).
