Séminaire 2022-2023

(org. C. Alunni, M. Béjean, M. González, G. Laplante-Anfossi, F. Nicolas)

1° octobre 2022François-Bernard Mâche 
5 novembre 2022Alexis JacqueminFrançois Nicolas
3 décembre 2022Bruno MoysanÉric Brunier
7 janvier 2023Frédéric PatrasAnne-Françoise Schmid
4 février 2023Loïc MerelGuillaume Laplante-Anfossi et Alain-Patrick Olivier
4 mars 2023Jean-Jacques SzczeciniarzMirna Dzamonja
1° avril 2023Frédéric Barbaresco 
6 mai 2023Benoît TimmermansDiscussion générale
sur les perspectives 2023-2024 du séminaire

TEXTE de l’exposé (pdf)

Présentation de l’exposé (pdf)

Texte de l’exposé

19-Nicolas-Lefebvre
Orientation classiqueOrientation romantiqueRomantisme musicalModernité mathématique (1)
Réalisme des effectivitésImaginaire des possiblesFantaisiesAnalyse complexe (2)
Conscience constituante et unifianteInconscient constituant d’affects divisésNachtstückeGroupes de Galois (3)
Un-ToutFragmentsAlbumsGéométrie locale riemannienne (4)
Équilibre symétriqueDynamique dialectiqueFins ouvertes irrésoluesCalcul différentiel et intégral (5)
  • (1) Les raisonances s’établissent moyennant les interprétations extra-mathématiques qui suivent :
  •  (2) et sa dialectique de l’effectif (nombres réels) et du possible (grandeurs imaginaires) ;
  •  (3) d’où l’inconscient mathématique structuré comme un groupe (groupe discret de Galois pour l’inconscient algébrique et groupe continu de Lie pour l’inconscient topologique) ;
  • (4) et sa dialectique des cartes locales et de l’atlas global ;
  • (5) ici, la différentialisation et l’intégration d’une position subjective viennent correspondre à sa subjectivation et à son procès subjectif.

Séance dédiée à la mémoire de William Lawvere, mort le 23 janvier 2023

L’année prochaine verra la vingtième saison du séminaire mamuphi. Nous voudrions donc, avec tous les participants qui le souhaitent, discuter les propositions qui suivent.

La singularité du séminaire mamuphi (dans le paysage des nombreux séminaires traitant de manière plus ou moins simultanée de mathématiques, de musique et/ou de philosophie) s’attache à la coexistence de deux désirs : un désir de mathématiques (plus précisément de penser avec les mathématiques) chez des non-mathématiciens (plus spécifiquement des musiciens), et un désir d’intellectualité (plus ou moins étendu aux champs littéraires et artistiques) chez des mathématiciens. Dans notre séminaire, ces deux désirs dialoguent en mobilisant, peu ou prou, quelque disposition philosophique apte à ombrer les échos des notions intellectuelles en partage. D’où le projet, diagonal à la division disciplinaire des savoirs universitaires, d’un séminaire circulant entre trois pensées : mathématiques-musique-philosophie.

Lors de cette vingtième saison 2023-2024, nous voudrions embrasser les différentes mises en œuvre de ces deux désirs et de leur fécond colloque à l’ombre de la philosophie, en diversifiant nos pratiques selon trois composantes, aptes à composer un petit laboratoire mamuphi.

  1. Un atelier consacré à des exposés de mathématiques (modernes et contemporaines) donnés par quelques « mathématiciens aux pieds nus » (issus des participants au séminaire qui ne sont pas des mathématiciens professionnels) entendus au sens où les paysans chinois des Communes populaires parlaient de « médecins aux pieds nus » pour désigner ceux d’entre eux qui, après formation resserrée, allaient assurer dans les campagnes une médecine de base au service de tous. Au contraire des conseils dispensés pour les leçons d’agrégation [1], ces « auto-leçons » prendront le risque d’intervenir aux limites mêmes de nouvelles compétences tout juste acquises et oseront s’approprier en temps réel les notions et théorèmes d’une théorie mathématique dont on pressent 1a fécondité intellectuelle par-delà son strict domaine mathématique de constitution et de déploiement, fécondité qu’à ses risques et périls l’intervenant mettra à l’épreuve de quelque interprétation extra-mathématique hétérogène et de quelque modèle intellectuel inattendu pour la théorie mathématique concernée. En quelque sorte, il s’agira de disposer cet atelier sous le signe d’un rapport émancipé (i.e. « se prenant par la main ») aux mathématiques : cette émancipation intellectuelle jadis prônée par Joseph Jacotot [2] en répercussion d’une Révolution française ayant mis à l’ordre du jour « l’égalité des intelligences ».
  2. Notre séminaire plus proprement dit où d’un côté des mathématiciens professionnels viennent exposer telle ou telle raisonance intellectuelle de leur propre recherche mathématique, et d’un autre côté des musiciens et des philosophes viennent exposer tel ou tel retentissement [3] intellectuel de leur propre recherche artistique ou philosophique.
  3. Enfin des rencontres avec ceux qui mettent autrement en œuvre leur propre désir de mathématiques pour quiconque et pour tous : par publications, revues, cafés, interventions de tous ordres… On n’est en effet jamais de trop pour consolider aujourd’hui nos désirs affirmatifs face au déferlement contemporain d’un nihilisme qui s’acharne à les déconstruire pour ne laisser place qu’aux négations liquidatrices.

[1] Voir ceux de Marcel Berger tels que rapportés dans le beau livre de Jean-Michel Salanskis Vivre avec les mathématiques : « veiller à ne pas atteindre son niveau d’incompétence et à n’exposer des contenus de niveau n que si l’on a des connaissances jusqu’au niveau n+1 ou même n+2 ; éviter de parler à la limite de son savoir ; ne pas traiter de notions ou théorèmes que l’on vient tout juste de comprendre. » (p. 67).

[2] « Tout homme peut tout apprendre sans maître explicateur ». Pour une présentation générale de l’émancipation intellectuelle selon Jacotot, voir Le maître ignorant de Jacques Rancière.

[3] Voir chez Bachelard (Poétique de l’espace) la dialectique des résonances (qui se dispensent horizontalement) et des retentissements (qui s’approfondissent verticalement).

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